15 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

Intervention au congrès du Parti de la Gauche Européenne – Malaga, Espagne, 13-15 décembre 2019

Intervention au congrès du Parti de la Gauche Européenne

Frédéric Boccara (PCF)

Malaga, Espagne, 13-15 décembre 2019

1 - La France est en ce moment même le lieu d’une lutte aiguisée, massive et massivement soutenue. Son sujet : une réforme des retraites. Elle vise avant tout à limiter les dépenses consacrées aux retraites. Pourquoi ? Pour soutenir les profits et la rentabilité afin de satisfaire le grand capital financier.

Le grand capital est en effet aux abois avec la crise financière qui a peut-être déjà commencé et avec le ralentissement de conjoncture européen qui est en cours.

2 - Cette réforme, soutenue par le président Macron, aurait pour conséquence d’intensifier le dumping social en Europe et la concurrence anti-sociale. Elle ouvre en grand la porte aux fonds de pension. C’est donc l’épisode d’une véritable lutte de classe de tout le monde du travail et de la création, mais, au-delà, de toute la société contre le capital financier. Une société solidarisée de fait, par le fonctionnement même de notre protection sociale, contre le capital financier, égoïste, prédateur et sans ancrage.

La CGT, syndicat de classe, y est à l’initiative et y tient une place majeure et reconnue, en même temps qu’il existe une unité syndicale large.

3 - La société française est en pleine re-politisation et les voies d’une alternative se cherchent.

Il apparaît de plus en plus clair que l’espace pour concilier les intérêts de l’immense majorité de notre peuple avec ceux du capital  est aujourd’hui presque totalement réduit. D’où ma crise de la social-démocratie. D’où la recherche d’alternatives nouvelles. Le besoin de renouveler la gauche… sur le fond : au-delà de Keynes, avec le marxisme que nous avons développé en France.

Ainsi, le PCF vient de remporter un certain succès politique et médiatique en organisant un meeting où il a invité les forces de gauche et présenté ses propositions alternatives pour les mettre en débat. Car le débat pour identifier les leviers d’intervention et les pistes d’alternative est essentiel pour renforcer les luttes et les développer : on est d’autant mieux contre ce qui existe et on se fait d’autant moins « récupérer » par le système qu’on voit ce qu’il faudrait faire à la place de ce qui existe.

4 - Il en est de même pour la mondialisation. Celle-ci est à un tournant majeur. Les forces du capital commencent à apparaître pour ce qu’elles sont : porteuses d’une mondialisation destructrice pour les êtres humains, dont leur éco-système la planète.

Cela déplace sur nous, notre « camp », la responsabilité de porter une mondialisation de coopération et de partage pour chacune et chacun. Développant les souverainetés populaires et les solidarités. Une mondialisation émancipatrice.

Car il nous faut combattre tout autant la mondialisation ultra-libérale et capitaliste que le nationalisme dans ses deux versions : national–libéralisme ou prétendue dé-mondialisation populiste. Il nous faut combattre aussi l’idée de simples digues et limitations à cette logique.

5 - Nous devons, je crois, être porteurs d’une autre mondialisation. C’est-à-dire, fondamentalement, être porteurs d’autres règles – tant au niveau de l’Europe que du monde – tournées vers un objectif, un sens, différent avec des pouvoirs précis dans des institutions, agissant sur les entreprises et les banques.

La question des moyens financiers, de leur utilisation, et celle des entreprises est en effet plus décisive que jamais.

Au niveau mondial, cela concerne le Dollar et le FMI, avec le besoin d’une monnaie commune mondiale.

Entre le niveau mondial et le niveau européen, cela concerne les traités de libre-échange et d’investissement, comme le CETA ou le MERCOSUR.

Au niveau européen, cela concerne la BCE et les multinationales (ces dernières étant transversales, à tous les niveaux). Pour les multinationales, la question d’une avancée fondamentale des droits des travailleurs et de leurs libertés est posée. Pour la BCE, sa politique de taux zéro est interpelée comme jamais : va-t-elle appuyer les services publics, y compris la protection sociale, et un changement radical de l’investissement des entreprises en faveur de l’emploi et de l’écologie, pour une nouvelle industrialisation et activités de services ?

***

C’est un enjeu majeur de lutte politique pour la période qui s’ouvre !

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